Bon. Il y a eu un petit changement de plan. Je suis donc arrivé à Athènes, la capitale de la Grèce. Je passe quelques jours chez mon amie, mais je trouve la ville trop grande, avec trop de gens, bref, trop. Je pars donc sur la côte, à Porto Rafti (à environ 1 heure d'Athènes) pour faire du volontariat chez une dame. Il s'agit de faire un peu de ménage et d'être à la maison en cas de souci. À part ça, j'ai beaucoup de temps libre tous les jours. J'en profite pour faire mes recherches sur les prochains pays, regarder l'itinéraire que je vais suivre, etc... Le plan est de remonter au nord de la Grèce, vers Thessalonique, pour retrouver Pau, un ami rencontré à Bratislava, puis de partir à Sofia (capitale de la Bulgarie) et ensuite prendre la route vers Istanbul et plus tard la Géorgie. On s'organise, tout va bien. Un soir, je vais au bar rejoindre la dame du volontariat (Ralu) et je fais la rencontre de Ziad. Il est skipper (il conduit des bateaux, en gros) et il part dans quelques jours pour le nord de la Grèce. Vous voyez le truc venir ? Il a besoin de quelqu'un pour l'aider avec le bateau, et vu que je suis disponible, je dis oui ! Le départ est prévu pour le samedi, pour revenir vers Athènes et rejoindre Kavala !

Itinéraire

Voici le gros bébé ! Il en impose quand même. 6 cabines avec chacune douche + toilettes, 2 salons extérieurs, grand salon intérieur, bref un gros bateau. Si jamais vous êtes intéressé, il est à vendre pour 500 000€. Ziad doit l'emmener à Kavala où il sera réparé et remis à neuf avant la vente.

Le lendemain de ma rencontre avec Ziad, je reçois un message de Cédric (un nouveau encore) que j'avais contacté une semaine auparavant car il a posté dans un groupe Facebook. Il doit convoyer un catamaran de Perpignan jusqu'à Tahiti ! Avec un arrêt aux Canaries, aux Caraïbes et au Panama ! Il cherche des personnes pour faire la traversée avec lui. On s'appelle, on discute de la Transatlantique (traversée de l'Atlantique) et pour lui, c'est tout bon. Départ prévu le 27 mai de Perpignan. 10 jours de traversée jusqu'aux Canaries, puis 20 jours jusqu'aux Caraïbes et enfin 10 jours jusqu'au Panama. Du coup, j'annule mes plans avec Pau et je commence à chercher comment rentrer au pays le plus vite possible (le temps d'aller voir quelques copains et de faire 2-3 trucs). Virage à 180°, on ira en Asie par l'autre côté ! Revenons à nos moutons.

Lors de mon arrivée à Porto Lagos (le village moche), j'avais déjà une idée du chemin que j'allais prendre pour rentrer. Le départ étant fixé vers le 27, il ne fallait pas traîner. Traverser la Grèce en stop en une journée, ça se fait sur le papier. En vrai, c'est un peu plus compliqué. Après avoir marché 1h30 dans la campagne, attendu 2h dans un village paumé, un fermier s'arrête et me dépose au niveau de l'autoroute. Les règles sont un peu différentes en Grèce, on peut aller sur l'autoroute pour faire du stop (même si c'est interdit, je crois). Enfin bref, je réussis à me faire prendre au niveau de la bretelle d'insertion et j'arrive vers Kavala, après un péage, et je reprends le stop. Au bout de 45 minutes d'attente, un policier me dit de quitter l'autoroute, donc je marche jusqu'à une bretelle d'insertion, et là un gars s'arrête après 40 minutes d'attente. Je crois que c'est l'un des conducteurs les plus dangereux que j'ai eu car le gars conduisait à 180 km/h sur l'autoroute (il pleuvait évidemment) et aucune anticipation, donc on a failli percuter plusieurs camions sur la route. Pas trop rassuré, mais je peux encore arriver à l'heure pour le ferry ! Je descends en un seul morceau sur une aire de repos un peu avant Thessalonique et je me dis que ça va être facile ! Il n'y a pas beaucoup de grandes villes en Grèce. 5 heures d'attente plus tard, j'en ai marre, je suis à bout. Un taxi a eu pitié de moi et m'a avancé vers la ville, et je prends un taxi pour aller dans le centre-ville. Un malheur apporte toujours quelque chose de positif et je retrouve Michael, un ami rencontré à Bratislava qui fait ses études à Thessalonique. On se prend un truc à manger, puis je vais dormir chez lui pour la nuit. La nuit fut courte car je dois me réveiller à 7 heures pour avoir un premier bus, puis un second jusqu'à Igoumenitsa, ville d'où le ferry part pour rejoindre l'Italie. Tout se passe bien, j'embarque dans le ferry avec une arrivée prévue dans la soirée à Brindisi. Je mange une pizza avec une Anglaise rencontrée sur le ferry, puis je prends un bus jusqu'à Naples. Arrivé à 4 heures du matin, je n'ai pas beaucoup dormi dans le bus à cause d'un groupe d'ados qui braillaient toute la soirée. Je prends un train pour aller dans la petite ville de Formia où je prendrai un blablacar quelques heures plus tard (7h30 du matin). Je n'ai toujours pas dormi, et je monte avec Jeremy, un Français qui vit à Formia depuis peu. Il fait la route jusqu'à Lyon ! 13 heures de route environ, mais au moins je suis sûr d'arriver à Lyon samedi en début de soirée.

Les 13 heures de route passent vite, je conduis 4 heures pour laisser Jeremy se reposer un peu. On arrive à Lyon vers 20h45 et je retrouve Mathilde, venue spécialement de Paris pour le weekend ! On va dormir chez Maxence, un ami du lycée qui a déménagé il y a quelques années. Au programme, visite de Lyon, restos et repos ! Ça fait un peu bizarre de rentrer en France après tout ce temps mais les habitudes reviennent vite. On se balade dans le centre historique, Fourvière, la Croix-Rousse, c'est bien sympa comme ville. Le week-end passe vite et Mathilde doit remonter sur Paris pour ses études. Je prends donc la direction d'un spot pour faire du stop et direction Cagnes-sur-Mer pour voir Logann et Manne ! Le stop fonctionne super bien et en seulement 3 voitures, je suis près d'Antibes. Je vais rester 3 nuits chez Logann, le temps de me renseigner sur les visas et autres bricoles pour l'Amérique Centrale et du Sud. Au passage, le skipper m'informe que le départ est reporté à la première semaine de juin. J'ai donc plus de temps en France pour aller voir des amis. Je profite de mon passage à Cagnes pour acheter un nouveau sac à dos, l'ancien étant un peu petit et pas adapté pour les grandes randos. Depuis Cagnes, je vais faire du stop jusqu'à Toulouse, là aussi super facile ! J'ai dû attendre 10 minutes en tout, comme quoi il y a des journées avec et des journées sans ! À Toulouse je vais dormir chez Mathéo, un pote du collège/lycée, qui fait ses études là-bas. Petit repas local (pâtes sauce tomate) puis le lendemain je repars vers le nord pour arriver à Angoulême, là aussi le stop a été facile ! Qu'est-ce que je vais faire à Angoulême me direz-vous ? Et bien je vais y retrouver Eva, une amie rencontrée en Croatie lors du volontariat à l'auberge de jeunesse. Fruit du hasard, c'est également le jour où la flamme Olympique passe par Angoulême !

La flamme Olympique ! (je sais pas qui est le porteur)

C'est une énorme organisation pour une petite flamme, pleine de policiers/pompiers mobilisés, mais l'événement attire les foules des villages environnants ! Moi, je fais des allergies, donc ce n'est pas un moment incroyable pour moi, mais bon, c'est la flamme olympique, ce n'est pas tous les jours qu'on peut la voir. On bouge donc à Cognac, ville de cœur d'Eva, pour y passer la nuit. Petite visite de la ville le soir en sortant Rycky (son chien). Balade sur les quais au bord de la Charente, visite du bourg, bref, c'est une belle petite ville. On prend la route le lendemain pour aller à Fouras, afin de faire une surprise à Emilie, une amie rencontrée également en Croatie. On pique-nique sur la plage puis Emilie doit aller travailler, donc avec Eva, on prend la route de La Rochelle pour passer la nuit dans la maison de ses grands-parents. Ici aussi, petite visite de la ville avec la meilleure guide qui soit (en toute modestie), puis le dimanche soir, je prends la direction de Nantes afin de rentrer chez mes parents pour quelques jours ! Le stop fonctionne super bien, une fois de plus, et j'arrive à Basse-Indre, où Agathe (une amie) est venue me chercher. On prend la route de Treillières, et après un arrêt pour manger, j'arrive à la maison après 8 mois, jour pour jour, après mon départ.

Au total, en 8 mois, j'ai eu 209 véhicules différents. J'ai dormi en tente pas mal de fois, chez l'habitant, dans des auberges de jeunesse, à l'hôpital, chez des amis, sur des bateaux, dans un camion. Bref, plein de logements différents et plein de rencontres également. Je me suis fait des amis aux quatre coins de l'Europe et du monde ! Le stop a toujours mauvaise réputation, mais c'est l'occasion d'aller à la rencontre des autres, de prendre le temps de voyager. Niveau sécurité, je n'ai eu qu'une seule expérience où je voulais quitter la voiture et une ou deux fois où le conducteur roulait vite, mais toutes les autres fois, ce sont des moments supers de partage et de rencontre. Je parle en tant qu'homme blanc avec un passeport français (beaucoup moins d'ennuis). J'ai discuté avec plusieurs femmes qui ont fait du stop ou en font toujours et de leur expérience il faut certes faire plus attention avec qui on monte, mais le plus important reste l'instinct. Si on a un mauvais feeling, on ne monte pas. Elles m'ont raconté avoir eu de supers expériences, peu importe le pays dans le monde. Bref, faites du stop et arrêtez-vous pour nous, les auto-stoppeurs/peuses, on ne sait jamais.

Merci de suivre le blog ! Je reviens dans 2 mois environ, une fois arrivé au Panama !

Update: Je ne suis pas au Panama. Quelques jours après mon arrivée à Treillières, je reçois un message Whatsapp du skipper qui nous informe (l'équipage et moi) que le départ est reporté à septembre minimum à cause de la saison des ouragans dans les Caraïbes. Ça change un peu les plans (encore une fois) mais je n'y peux rien ! Je décide donc de rester en France pour l'été afin d'économiser un peu plus pour mieux repartir en septembre ! Je travaille donc actuellement au Croisic dans la brasserie du Grain de Celte jusqu'à début septembre si vous voulez passer faire un coucou ! Reprise des aventures en septembre !